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La beauté à travers les âges

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LES COSMÉTIQUES SONT PRESQUE AUSSI ANCIENS QUE L’HOMME. Trois mille ans avant Jésus Christ, les Égyptiens connaissaient déjà les huiles parfumées, les onguents, le maquillage et le dentifrice. Tout au long de l’histoire humaine, les cosmétiques dont on usait ont varié selon les modes et les matières premières disponibles.

Quant aux critères de la beauté, ils ont énormément évolué à travers le temps. Une belle femme du XVIe siècle ne plairait certainement pas aux hommes d’aujourd’hui. La blancheur du teint, la lourdeur des seins, la minceur des hanches, la rondeur des courbes, la maigreur ou l’embonpoint ont été, selon les époques, des critères de beauté ou de laideur.

Dans son ouvrage, Histoire de la beauté, l’historien Georges Vigarello montre bien cette évolution, de la Renaissance à nos jours. Au XVIe siècle, par exemple, la main et le visage sont les éléments premiers de la beauté d’une femme. Évidemment, couvert par les robes, le corps féminin n’est pas dévoilé.

Le roi d’Angleterre Henry VIII enverra même des émissaires afin d’évaluer la beauté de la duchesse de Naples, qu’il compte épouser. Le roi donnera des directives précises à ses ambassadeurs de cette mission spéciale: ils devront être attentifs à la forme de la main. Est-elle épaisse ou mince? Grasse ou maigre? Longue ou courte? Le roi y accorde une importance considérable. Les émissaires devront aussi décrire au souverain les doigts de la duchesse, examiner avec minutie si le bout est étroit ou large. Comme quoi toutes les parties du corps de la femme sont susceptibles d’attirer ou de repousser le prétendant.

Au XVIe siècle, les cosmétiques comme le fard à joues, le rouge à lèvres et les huiles pour la poitrine sont utilisés par les prostituées, et donc rejetés par les femmes, qui les associent à l’impureté et la débauche. Les religieux se sont

toujours méfiés des artifices et à leurs yeux, la beauté qui n’est pas naturelle est une offense à Dieu. Cependant, cela n’empêche pas l’usage des cosmétiques et l’engouement pour ceux-ci dans les traités sur la beauté.

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D’ailleurs, c’est avec effarement qu’on y découvre que les produits alors utilisés contenaient du plomb et de l’arsenic – bien sûr nocifs pour la peau et les dents –, ce que dénonçaient des médecins de l’époque, de même que des écrivains, dont les descriptions sont édifiantes. Ces crèmes rendent «l’haleine puante, les dents noires et à la fin, les fait tomber». De là sans doute le proverbe «Il faut souffrir pour être belle».

À cela s’ajoutent les masques sanglants faits de sang de poulet ou de pigeon que les belles portent la nuit, croyant pouvoir faire disparaître les rougeurs sur les joues et le nez. Les dames de la Cour, elles, s’appliquent des concoctions d’or, d’argent et de perles. Étonnons-nous qu’à notre époque certaines grandes marques proposent des produits à base de poudre d’or, de platine, de caviar et autres substances aussi précieuses que hors de prix. À cet égard, rien n’a changé depuis des siècles.

Au XVIIe siècle, les femmes, grâce aux progrès de la science, ont désormais un choix plus large de produits de beauté. Des huiles, des eaux de talc, des poudres s’ajoutent à leur trousse. Les fards à joues, les mouches, ces petits morceaux de tissu collés sur le visage comme de gros grains de beauté, ont la cote. Les fards continuent de susciter de la méfiance mais des femmes de plus en plus nombreuses se «peinturent» la figure, exerçant ainsi une liberté nouvelle.

En agissant de la sorte, elles donnent à penser qu’elles veulent séduire d’autres hommes que leur époux. Jean Liebault écrit: «Les soins de paraître belle se prennent peu pour les maris.» Le fard à joues comme geste d’affranchissement de l’autorité mâle.

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Qui peut croire après cela que la soumission des femmes n’a cessé qu’avec le féminisme du XXe siècle? Les fards, dont l’engouement ne s’est jamais démenti jusqu’à nos jours, ont toujours conservé depuis ce temps un relent d’interdit. Il y a encore quelques décennies, on disait d’une femme: «elle est trop maquillée» pour semer le doute sur sa vertu ou sa distinction.

Au XVIIIe siècle, la beauté devient singulière. Si bien que l’on adapte désormais les fards à la personne qui en use. Le choix des couleurs se multiplie et varie selon l’heure de la journée. Les fards ne cessent pas d’être critiqués pour autant. Nombre d’hommes les dénoncent, les associant au mensonge. Une femme fardée cacherait des choses et ferait douter de sa sincérité. Que diraient ces hommes du XVIIIe siècle face aux femmes liftées d’aujourd’hui? À bien y penser, il vaut mieux pour eux qu’ils soient déjà morts. Le comportement des femmes d’aujourd’hui les tuerait!

C’est à la fin du XVIIIe siècle que l’on se préoccupe officiellement, à l’Académie des sciences de Paris, des effets dévastateurs des produits comme le plomb, le céruse, le bismuth ou le cobalt, utilisés dans la composition des crèmes et des huiles.

Les matières végétales, si prisées de nos jours, sont alors recherchées parce qu’on les considère déjà comme étant moins dangereuses. Le safran et le carmin servent à obtenir le rouge, que l’on décline en plusieurs teintes. Cette préoccupation des effets secondaires des produits de beauté sur la peau des femmes oblige à une fabrication plus «professionnelle» que les concoctions domestiques. Les apothicaires et les parfumeurs commercialisent alors les cosmétiques.

C’est en quelque sorte la naissance du principe de précaution, qui évoluera lentement pour en arriver aujourd’hui, face à l’industrie des cosmétiques, à des législations et des réglementations de plus en plus sévères selon les pays. La mondialisation des marques favorise cette tendance. N’est-il donc pas intéressant de constater que trois cents ans plus tard, nous sommes toujours en train de débattre des bienfaits des produits naturels – vers lesquels une majorité de consommateurs orientent leurs choix –, se méfiant toujours des produits chimiques et oubliant que la chimie a aussi contribué à la santé publique à travers tous les médicaments qui ont permis d’allonger l’espérance de vie?

Au XIXe siècle apparaît un mot nouveau: «maquillage». C’est l’époque de la beauté romantique, qui n’est plus naturelle, comme au XVIe siècle, mais travaillée. L’état d’esprit repose sur le refus de subir son corps. La personne devient responsable de son image.

Elle se fabrique sa propre beauté, en quelque sorte. Il devient donc légitime de camoufler les imperfections héritées de la naissance. Grâce aux cosmétiques, la femme peut et doit user des artifices que sont les «produits de beauté», un concept nouveau qui correspond à l’idée que l’on se fait de la beauté séductrice. Mais il est aussi question de soins de beauté.

L’ancêtre de toutes les crèmes nettoyantes et hydratantes, le cold-cream voit le jour. De grands magasins, tels Whiteleys à Londres et Marshall Field’s à Chicago, offrent aux dames une gamme de nouveaux produits qui apparaissent régulièrement sur le marché.

Des stars sont mises à contribution pour vendre telle ou telle marque. La grande actrice française Sarah Bernhardt, par exemple, associera son nom à une fameuse poudre de riz, à des crèmes, des lotions et des parfums. C’est le début de l’utilisation publicitaire de stars dont la beauté fait rêver les femmes qui cherchent à s’identifier à elles. On devient ces icônes de beauté avec des produits censés assurer la jeunesse éternelle.

Le XXe siècle fait exploser l’industrie de la beauté, jadis réservée aux dames de la noblesse puis de la riche bourgeoisie. La crème de beauté se démocratise, en quelque sorte. Quant aux soins de beauté, ils vont connaître une progression vertigineuse, au point où rares sont les personnes qui n’y ont jamais eu recours.

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Enfin, les hommes, désormais eux aussi conscients de leur image et obsédés par l’âge, ne craignent plus de passer pour trop délicats, voire gays, et utilisent, quel que soit leur âge, ce qu’ils appelaient il n’y a pas encore si longtemps les «crèmes de bonnes femmes». L’industrie de la beauté a vite compris son intérêt et les lignes de produits pour hommes vantent dorénavant la virilité, la force et l’élasticité du visage afin d’apprivoiser le mâle, lui aussi en mal de jeunesse éternelle.

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